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Le vieillissement de la peau, les actifs anti-rides Imprimer Envoyer

Quand les scientifiques se penchent sur nos rides.

Le cas « vitamine A Acide », sur prescription : merci l’acné !

C’est, en effet, lors de ces traitements pour lutter contre les pustules, papules et autres lésions pas jolies, jolies, qu’un dermatologue s’est rendu compte d’un effet inattendu, mais bien réel : la disparition de certaines rides, superficielles et parfois profondes, souvent dues aux abus de soleil. Aujourd’hui, la vitamine A acide revendique clairement cette action anti – âge. Mais uniquement après consultation chez le dermatologue qui décide, ou non, de faire une ordonnance : ce principe actif est un médicament et n’est pas en vente libre.
Comment ça marche ? C’est comme si …on changeait de peau : l’épiderme, sous l’effet de l’exfoliation intense, devient vite plus fin, plus lisse. Au bout de quelques mois, les ridules sont gommées, les rides moins profondes, le teint retrouve son éclat.
La vitamine A acide, produit miracle ? Ses effets sont indiscutables, indéniables, certains. C’est le seul actif dont on a prouvé l’efficacité pour lutter contre les conséquences du vieillissement provoqué par les expositions solaires (1). Mais, car forcément il y a un mais, son application nécessite patience et rigueur. Pour que cela marche, Il faut y être accro: beaucoup de femmes stoppent le soin en cours de route pour des raisons de lassitude et de tolérance (le traitement est … constant !) D’ailleurs des études affirment que l’efficacité du produit s’interrompt en même temps que le traitement. Le premier inconvénient … sont les effets secondaires : la peau devient plus sèche, pèle parfois, entraînant des sensations de tiraillement, d’irritation, bref un inconfort.
Autres restrictions: l’impossibilité de l’utiliser pendant une grossesse car le surdosage de vitamine A peut entraîner des problèmes graves, et zéro application pendant l’été et a fortiori lors d’expositions solaires. L’application d’un écran protecteur quotidien est indispensable sous peine de voir fleurir des taches de pigmentation.

L’utilisation de la vitamine A acide nécessite aussi bon sens et prudence : inutile chiper le tube de votre belle-sœur ou de votre meilleure copine ; inutile également d’augmenter les doses prescrites par le médecin sous prétexte que « ça va être plus actif »: c’est comme ça que l’on se retrouve avec une peau pelant à mort et qui tire affreusement.

Pour toutes les autres, les premiers résultats sont remarquables après 2 mois : un teint est plus éclatant, un contour des yeux plus net, des taches brunes plus claires. Après 6 mois, on cherche ses ridules à la loupe. De quoi donner envie de suivre scrupuleusement et patiemment le mode d’emploi.

Et bientôt le tazarotène?
Cousin de l’acide rétinoïque, le tazarotène déboule sur le marché. Présentant les mêmes propriétés sur les signes cutanés liées au photovieillissement - efficacité prouvée cf (1)-, il revendique en revanche des résultats plus rapides par rapport à la trétinoïne (2).

Le tazarotène n’est pas commercialisé en France pour cet usage mais pour le traitement du psoriasis (Zorac, des laboratoires Pierre Fabre, qui indique sur la notice de ne pas appliquer ce médicament sur le visage …). Aux Etats-Unis, il est disponible sur prescription mais avec des restrictions importantes quand à son utilisation : les effets secondaires et précautions d’usage à prendre sont similaires à celles pour la trétinoïne. Donc assez lourdes.(3). Un test de grossesse s’avère indispensable, la prise d’un moyen de contraception, et un usage surveillé.

Actifs sans prescription: les dérivés de vitamine A

On ne peut pas toutes utiliser de la vitamine A Acide ? Les chercheurs se sont penchés sur l’élaboration d’un actif en respectant ces impératifs : revendiquer une action en lien avec celle de la vitamine A acide. Permettre une utilisation sans contraintes, douce. Pour toutes les femmes. Et qui soit en vente libre.

Cet actif est le retinaldéhyde, un dérivé de vitamine A ! Les effets sont nettement moins visibles que ceux de la grande sœur sur ordonnance mais il faut lui reconnaître une vraie faculté : celle de rendre la peau plus régulière, claire, et d’estomper les petites rides. Le premier atout est de pouvoir être utilisé confortablement par les peaux sèches mais aussi par les peaux grasses ou mixtes, les textures ayant été adaptées. Deuxième avantage : pouvoir être appliqué tout au long de l’année.

Le rétinol, autre actif, revendique les mêmes effets que le rétinaldéhyde mais est considéré par la communauté scientifique comme étant beaucoup moins performant que le rétinaldéhyde (1). Interviewé, un formulateur confie que le rapport d’efficacité entre une crème avec un actif de type trétinoïne et celle avec un autre ingrédient de type rétinol est de 10 à …1. No comment. En effet, il faut une transformation du rétinol pour que l’efficacité soit au rendez-vous. Parfois, la concentration est de l’actif insuffisante : la FDA* met d’ailleurs en garde les consommatrices concernant des cosmétiques revendiquant une formulation incluant du rétinol mais qui n’en contiennent en réalité peu, très peu ou même pas du tout…

Définition: l‘exfoliation.Jouons aux images : cet horrible meuble peint, vous voulez le restaurer et retrouver sa teinte d’origine. L’opération consiste à poncer pour retirer la couche de peinture. L’exfoliation, c’est la même chose : la peau est encombrée d’une couche de cellules mortes, qui la ternissent. Les produits vont alors effectuer comme un « décapage » léger permettant à la peau de retrouver un teint éclatant et rose. Qui pouvait rêver plus bel effet ?

La jeunesse par les pommes, les poires et les acides

Encore largement utilisés dans les soins anti-rides ou dans les peelings, ils sont baptisés « acides de fruits », un nom d’ailleurs inexact. Car si certains sont effectivement issus des fruits, d’autres proviennent d’autres sources. Notamment le plus utilisé, l’acide glycolique, extrait de la canne à sucre. Les acides citrique, malique et tartrique, sont respectivement ceux des agrumes, de la pomme et du raisin, l’acide lactique lui vient du lait.

Comment ça marche ? Voilà une question qui embarrasse. En effet, s’ils sont largement utilisés, si l’on communique amplement sur le sujet, les mécanismes d’action restent pour la plupart inconnus (1). Ils fonctionnement sur le principe de l’exfoliation. (Pour en savoir plus « Définition : l’exfoliation »).

Que peut-on en attendre réellement ? Du beau, du bon. Les épidermes voient leur peau devenir plus fraîche, plus douce, aux imperfections et taches atténuées (2). Les peaux fatiguées, ternes, épaisses, sont les premières à constater un changement, environ au bout d’un mois: un teint plus lumineux. Plus tard, on constatera une très légère atténuation des ridules. Les peaux grasses, qui pestent souvent contre leur teint brouillé, le verront évoluer en un épiderme plus clair, plus net. Les peaux sèches utiliseront les AHA surtout pour gommer les petites ridules : mais la texture de la crème devra être suffisamment onctueuse pour que le soin soit confortable.

Tous les produits aux AHA sont-ils équivalents? Leur dosage est très variable : il oscille entre 4% et 15%.Pour obtenir des résultats concrets, une concentration minimum d’AHA est nécessaire : les formules doivent intégrer 8 % d’AHA au minimum (avec un maximum de 15 %, sur conseils d’un professionnel) et avoir un PH (potentiel hydrogène)* oscillant entre 3,5 et 5 garantissant ainsi une meilleure pénétration. Problème….ça pique et les consommatrices n’apprécient guère cette sensation désagréable sur le visage. Les fabricants ont donc tendance à diminuer la quantité d’AHA dans les produits au bénéfice d’un confort à l’application. Ce qui va sans dire que le résultat sur la peau est alors bien plus faible. (Il semble que les formules dosées à moins de 5% aient peu d’efficacité) (3). Pour information, les dermatologues utilisent les AHA dans leur cabinet mais à des concentrations pouvant aller jusqu’à 70 %

Il s’agit ici d’un achat complexe pour les consommatrices qui n’ont absolument aucun moyen pour savoir quel est le dosage en Aha du produit ni son PH. A part se renseigner auprès du fabricant, les informations ne sont pas disponibles sur le boîtage.

Les AHA pour toutes ? Pour les peaux grasses ou mixtes, une concentration aux alentours de 10% ou plus peut être tolérée. En revanche, un dosage à 8% pour les peaux sèches semble être le maximum (7). Une touche d’essai sur un endroit pas trop visible du visage est suggérée pour les peaux craignant de réagir au produit. Pour celles et ceux qui hésitent, il est recommandé de commencer par une concentration faible pour ensuite l’augmenter progressivement de façon à ce que la peau s’habitue à cet actif. (8)

Y-a-t-il des contre-indications ? Des précautions à prendre ? Les acides de fruits, leur nom le laisse deviner, sont irritants et augmentent la sensibilité cutanée. Une réceptivité accrue aux UV a été démontrée… favorisant ainsi le vieillissement cutané (4). Paradoxe : les consommatrices utiliseraient des Aha pour améliorer la qualité de leur peau et se retrouvent en fait à l’exposer à un vieillissement plus facile…Les expositions solaires sont à vivre sous haute surveillance car la peau devient plus réactive (même au risque de se répéter, on le rappelle : les bains de soleil sont néfastes, de toutes façons). L’application d’un produit anti-solaire s’avère donc indispensable, même au quotidien, grâce aux crèmes de jour proposant un indice de protection solaire. On peut aussi recommander de cesser l’application de la crème aux AHA pendant les mois de soleil intense.

Les AHA sont morts, vive les BHA ? Les BHA, beta-hydroxy-acides sont souvent associés aux AHA, à tort. Ceux-ci ne présentent pas la même structure, ils sont d’ailleurs issus de l’acide salicylique, un dérivé de l’aspirine, ou de l’acide citrique, (bien que ce dernier soit considéré par certains comme un Aha). Le Dr Kligman (5), qui il y a 35 ans, a travaillé sur l’évaluation de l’acide trétinoique, considère que les BHA, et en particulier, l’acide salicylique, sont plus performant que les AHA, notamment en ce qui concerne le vieillissement cutané et l’exfoliation. Ils sont selon lui « plus exfoliants, moins irritants » (6). A vos notices donc… et vos écrans solaires. On n’est jamais trop prudents.

Sources :

Le cas « vitamine A Acide », sur prescription : merci l’acné !
Sources: (1) Photoaging: pathogenesis, prevention, and treatment. Kang S, Fisher GJ, Voorhees JJ. Department of Dermatology, University of Michigan Medical Center - Clin Geriatr Med. 2001 Nov;17(4):643-59, v-vi.

Et bientôt le tazarotène?
Sources : 1. Phillips TJ, Gottlieb AB, Leyden JJ, et al. Efficacy of 0.1% tazarotene cream for the treatment of photodamage: A 12-month multicenter, randomized trail Arch Dermatol 2002;138:1486-93.
2. Tazarotene 0.1% cream versus tretinoin 0.05% emollient cream in the treatment of photodamaged facial skin: a multicenter, doubleblind, randomized, parallel-group study – http://www.%20aad.org/
3. http://www.biam2.org/
4. www.drugs.com

La jeunesse par les pommes, les poires et les acides
Sources :1. Vieillissement, peau et métalloprotéinases - J.H. Cauchard, W. Hornebeck – www.vivaninfo.com
2: alpha-Hydroxy acid-based cosmetic procedures. Guidelines for patient management. Tung RC, Bergfeld WF, Vidimos AT, Remzi BK. Cleveland Clinic Foundation, Department of Dermatology, Cleveland, Ohio, USA. – Am J Clin dermatol 2000 Mar-Apr 1(2):81-8. Review.
3. www.skinbiology.com
4. http://www.cfsan.fda.gov/
5. www.skinbiology.com - le Dr Kligman a travaillé à l’université de Pennsylvanie, sur l’utilisation de l’acide trétinoique dans le cadre du traitement de l’acné. Ses volontaires lui ont rapporté une amélioration de leur acné mais aussi de l’apparence sur les rides.
6. http://www.esculape.com
7. www.cnrs.fr
8. Australasian College of Dermatologists

 

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