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De qui êtes-vous le gogo ? |
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Les relations troubles entre la presse féminine et les industriels de la beauté Quand une journaliste de la beauté ayant décroché et un ancien attaché de presse officiant dans l'univers du luxe écrivent à quatre mains un roman policier (1) se déroulant dans le monde de la presse féminine, on y regarde à deux fois. Oubliant l'intrigue pour se concentrer sur quelques morceaux choisis, on ne peut s'empêcher de relever que, dans cette "fiction" bien sûr ... - les magazines (par conséquent les journalistes beauté) et les marques de cosmétiques font parfois partie du même groupe. "Tous les grands groupes de cosmétiques investissent dans la presse". - Ce qui laisse perplexe quant à la liberté d'expression des journalistes: "Une marque fait du chantage au journal contre 4 pages de pub (...)" "Pour certains magazines (l'achat de pages de pub par les marques) c'est même la principale source de revenus". - On peut donc "imaginer" que les magazines vivant essentiellement de l'achat de pages de pub par les marques de beauté, soient particulièrement attentifs aux désirs de ces derniers: "(La marque) a appelé ma redac' chef (...) pour se plaindre. Il paraît que je ne cite pas les produits qu'il faut et que du coup (elle) hésite à renouveler sa pub." - Ou que le journal devance carrément les demandes des marques. Citons ici un échange entre une journaliste et son patron: -"J'ai relu votre dossier cheveux. (...) il n'y a rien de nouveau là-dedans." - "J'ai suivi à la lettre votre dernière lettre de service: veiller à citer en premier les annonceurs (ndlr: les marques). L'ennui, c'est qu'il ne reste plus de place pour les autres." - Les marques dirigeraient donc les journaliste à distance via le chantage à l'achat d'espace et les actionnariats dans les magazines, avec pour seul objectif que l'on parle de ses produits car: "si la presse parle d'un produit, il est sûr de se vendre". - Des journalistes qui ont à coeur d'être explicites: "Je faisais (dans les instituts) la cliente lambda (...). Ces bancs d'essai ont tourné court parce que je racontais trop de choses gênantes: les cabines pas nettes, les traitements bidons. Les marques ont menacé de supprimer les pages de pub." - Et d'autres... "Il y a (des journalistes) qui ne se posent pas de questions. Elles prennent le dossier de presse (...) et se contentent de recopier." - Mais on se aussi de dire que tout cela n'est pas bien grave, il ne s'agit après tout que de "crèmes de beauté"... Sauf que: "Cette industrie de la parfumerie, c'est devenu très "lourd" (...). Les interêts en jeu sont pharaoniques. Le grand public n'en a aucune idée" . "Ajourd'hui, voilà où nous en sommes: des firmes cotées en bourse, des annonceurs hystériques qui font le décompte de nos citations...". - Le mot de la fin revient à cette redactrice en chef à l'une de ses journaliste: "Qui croyez-vous qui vous fasse vivre? Les lectrices ou les annonceurs ?". Et, là c'est Esprit Beauté qui revendique cette dernière phrase, les quelques articles sur la réelle efficacité des cosmétiques sont encore trop tièdes et trop rares pour donner le change... Merci à Evelyne Vermorel et Didier Fourny pour ce pur moment de vérité (1) "Beauté d'enfer". Editions Siloe, environ 18 euros.
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